Le capricorne qui explore les branches du cerisier à grappe vient de quitter sa loge dans laquelle il a passé l’hiver, au stade imago. C’est dans ce nid creusé sous l’écorce et entouré de fibres de bois que s’est déroulée la nymphose, à la fin de l’automne. La rhagie mordante ne craint pas les périodes de gel car elle dispose d’une protéine qui inhibe la formation de cristaux de glace. Par bonheur, le pic n’a pas découvert sa cachette et elle a pu sortir avec les premières chaleurs. On la distingue de sa cousine sycophante par une plus petite taille, et surtout la présence d’une tache noirâtre sur chaque élytre, précédée et suivie par une bande transversale jaune indistincte. La femelle pond sur les troncs d’arbres morts, principalement des feuillus. La larve creuse une galerie pour atteindre la zone cambiale où elle va se développer pendant deux années, se nourrissant de bois en décomposition. Les forêts débarrassés des vieux arbres et de toutes les branches mortes expliquent la raréfaction de cet insecte.
Le Rothmoos, le 6 avril 2024
