C’est à la lisière du bois, que l’insecte nous est apparu : dérouté par rapport à son plan de vol, il a atterri au milieu des hautes herbes. N’étant pas très à l’aise sur ces frêles tiges en raison de sa forte corpulence, il a dû faire plusieurs tentatives avant d’arriver à reprendre les airs. La rhagie sycophante est un longicorne aux antennes relativement courtes, de teinte terreuse; son corps est moucheté d’une pilosité jaunâtre et ses élytres sont ornées de bandes transversales. La tête est assez volumineuse et les tempes paraissent saillantes. Pour achever ce portrait original, notons la présence d’une dent latérale sur le pronotum qui lui est utile car la rhagie vit sur les troncs d’arbres abattus. Habitué aux espaces de montagne ou aux paysages du midi, ce coléoptère a suivi l’implantation massive de résineux et s’est à présent installé sur tout le territoire. La larve se nourrit de bois en décomposition. Pour préparer sa nymphose, elle tisse une loge circulaire tapissée de copeaux qui a tout l’allure d’un nid. Pour la petite histoire, le mot sycophante était donné par les grecs à ceux qui dénonçaient les voleurs de figues. On ne sait pas vraiment pourquoi Linné a baptisé la rhagie de cet adjectif.
Baldersheim, le 21 mai 2023
