Quand on est petit, sans signe particulier apparent ni histoire croustillante à colporter, on reste souvent dans l’ombre. La punaise qui s’affaire dans le pissenlit en graines ne fait pas exception ; elle n’a même pas droit à un nom vernaculaire. Les scientifiques qui l’examinent à la loupe l’appellent Rhopalus subrufus, ce qui signifie « massue rouge ». L’adulte est pourtant commun et s’observe toute l’année. Ses mensurations ne correspondent pas exactement au canon de beauté des insectes. Il mesure à peine 7mm ; la tête est presque aussi large que le pronotum, les yeux gros et saillants et le corps velu ; l’abdomen déborde sur les côtés comme sur un pyjama rayé. Rien de très sexy en somme. Pourtant les deux congénères ont l’air d’apprécier la position qui les unit. Pendant que l’un veille au grain, l’autre pourrait tranquillement le déguster. Mais c’est dans la sève des plantes que les rhopalus trouvent, comme toutes les punaises, leur énergie. Il faut espérer que le vent ne se lève pas trop vite pour les laisser terminer tranquillement leur besogne.
Baldersheim, le 30 avril 2024
