Le nom vernaculaire donné aux insectes est parfois source d’interrogation. Comment a-t-on pu appeler « Robert-le-Diable » le gamma, un papillon du groupe des nymphalidés ? C’est assurément un magnifique spécimen, avec des ailes à bords profondément excavés, et un dessus roux orangé. Le revers, d’un brun terne et marqué d’une virgule blanche lui aurait valu ce profil diabolique. Il n’a pourtant rien de terrifiant. Double personnalité, comme Robert le Magnifique, duc de Normandie au Xè siècle, qui était aussi surnommé Robert-le-Diable. Ce papillon vole très tôt dans l’année car il passe l’hiver à l’état adulte. Il est à l’origine d’une première génération plus claire qui apparaît entre mai et août ; c’est la génération suivante constituée de papillons plus sombres qui hiberne. Comme en témoigne la photo, Robert-le-Diable s’affaire préférentiellement sur le saule marsault, en fleurs en ce mois de mars.
Le Rothmoos, 21 mars 2023
