Comme une vieille connaissance, le rougequeue noir nous fait l’honneur d’une visite à chacun de ses grands déplacements au Maghreb. Migrateur par la force des choses, il nous tient compagnie quelques jours au printemps ou au début de l’automne. C’est un oiseau qui a l’habitude de fréquenter les pierriers ; il retrouve le minéral des toits sur lesquels il vient inspecter les alentours avant de se nourrir au sol. On peut aussi l’observer sur un piquet métallique, scrutant les plantes du jardin où se réfugient les premiers insectes qu’il vient saisir d’un vol rapide. On admire alors le flamboyant de sa queue qui brille comme des flammes dévorantes. Le nom scientifique de l’espèce, Phoenicurus ochruros rappelle d’ailleurs la teinture pourpre tirée de l’exploitation du murex qui fit la fortune des phéniciens. Parfois ce sont les dalles de l’allée qu’il vient inspecter minutieusement en les parcourant à petits sauts. Quand on l’a perdu de vue, on peut toujours écouter son chant pour le localiser : après une courte strophe de notes montantes et très rapides, il produit un bruit de papier froissé avant de terminer par quelques notes sifflées.
Baldersheim, le 5 octobre 2024
