Pour la voir au milieu des végétaux, il faut de bons yeux, mais surtout une attention aux moindres mouvements car la sauterelle a enfilé une tenue de camouflage adaptée. De très près, on distingue un liseré brun-roux sur le dessus de la tête et du thorax, mais ces teintes se retrouvent aussi dans l’environnement immédiat. Pourtant la sauterelle verte est une des plus grands orthoptères que nous connaissons : son corps atteint 40 mm et les antennes sont encore plus longues. Pour la repérer, on peut encore écouter ses stridulations qui égayent les soirées estivales. Le mâle frotte les ailes antérieures dures et cornées pour attirer les femelles et marquer son territoire. Les organes auditifs sont situés sur les pattes antérieures sous la forme de fentes creuses sur le devant du tibia. Ces organes tympaniques permettent en outre de percevoir les ultrasons des chauve-souris et éviter leurs attaques. Contrairement aux idées reçues, la sauterelle mange très peu de végétaux, préférant les insectes : mouches, chenilles, pucerons, larves… qu’elle croque avec ses puissantes mandibules.
Baldersheim, le 8 juin 2020
