Même en l’absence de soleil, la journée était plutôt calme. La fraîcheur de la température ne prédisposait pas à une sortie et d’ailleurs la campagne paraissait déserte. Aux abord de la forêt, la terre était retournée : sans doute l’oeuvre d’une harde de sangliers, durant la nuit. Au pied d’une butte, une grande mare d’eau stagnante témoignait de l’importance des dernières pluies. C’est une aubaine pour les oiseaux qui ont l’habitude de se nourrir dans les zones humides. Mais ces lieux peuvent également se transformer en pièges mortels car les prédateurs sont à l’affût. C’est sans doute ce qui a dû se passer ici, au vu des plumes qui flottent à la surface de l’eau. A cette époque de l’année, les oiseaux ne font pas leur mue. Celles-ci ont dû être arrachées à l’oiseau venu se désaltérer. C’est peut-être l’oeuvre d’un renard affamé qui le guettait derrière les hautes herbes. Pour le certifier, il faudrait envoyer une équipe de spécialistes prélever les indices : empreintes laissées dans la terre humide et éventuelle section de la base du rachis des plumes.
Ensisheim, le 28 février 2025
