Souci officinal

Lorsque j’étais enfant, on m’expliquait que le latin n’était pas seulement la langue des clercs, mais aussi celle des savants. On conseillait d’ailleurs à ceux qui voulaient se lancer dans des études scientifiques d’avoir un minimum de connaissances de cette langue, dite « morte ». Parallèlement, des études de lettres ne pouvaient se concevoir sans un module de latin pour acquérir les bases de l’étymologie de la langue française. Ce qui pouvait à priori ressembler à un pensum s’est finalement avéré être un exercice intellectuel fort agréable et bien utile pour comprendre le sens des mots. Par exemple, le mot souci quand il désigne une fleur de la famille des astéracées n’a aucun rapport avec  un éventuel tracas ou une inquiétude. Dérivé du bas latin solsequia, le mot souci signifie « qui suit le soleil » car les fleurs s’ouvrent au lever de l’astre pour se refermer lorsqu’il disparaît. Le souci porte le nom scientifique de calendula officinalis en référence aux calendes qui étaient le premier jour de chaque mois. Ce nom souligne le fait que la floraison du souci est exceptionnellement longue ; dans le midi elle s’attend pratiquement sur toute l’année.

Baldersheim, le 10 mai 2023