Stratégie de lecture

On peut appréhender un paysage comme s’il s’agissait d’un tableau de maître. Il y a d’abord l’impression générale, la première empreinte qu’il laisse en nous. Ici, on est saisi par le calme auquel contribuent les couleurs que l’on retrouve sur l’étendard de la nature. Ensuite, on peut essayer de donner du sens à la scène. C’est le début d’un aller-retour qui nous permet de trouver des repères et de nous sécuriser. Nous sommes à la fin de l’hiver : le pré est encore parsemé d’herbes sèches ; les roseaux ont résisté aux  rafales de vents et leur panache flotte au sommet des tiges ; les arbres qui baignent dans l’eau ne sont pas pressés de sortir les premières feuilles. Il n’y a guère de mouvement pour animer ce tableau. Même les oiseaux ont l’air de prendre leur temps pour se déplacer sur l’eau. Les ouettes d’Egypte sont les plus nombreuses, ce qui serait de nature à justifier leur qualificatif d’espèce invasive qui mène une existence de tout repos au plan d’eau de Michelbach… Selon les détails qui vont nous parler ou pas, on pourra enfin conclure l’exploration par un jugement et dire si l’on est en phase avec le tableau et s’il revêt à nos yeux une forme de beauté. 

Michelbach, le 6 mars 2024