Tadorne casarca

Ce qu’il y a de magique avec certains oiseaux, c’est qu’ils peuvent vous entraîner dans un grand voyage à l’autre bout du continent ou même de la planète. C’est le cas de la tadorne casarca, originaire des steppes d’Asie centrale ou d’Afrique du Nord, et qui est un grand migrateur souvent observé à haute altitude. Mais les individus qui fréquentent le cours du Vieux Rhin sont plutôt des fugitifs, échappés de jardins zoologiques ou d’élevages fermiers. La tadorne casarca ne peut être confondue avec sa robe orange rouille qui lui a valu le nom Ferruginea, une tête plus claire, cannelle miel, et le miroir alaire vert ; au repos, elle cache les rémiges et la queue noire ainsi que le dessous blanc de ses ailes. Son alimentation qui est très variée – des mollusques, crustacés et petits poissons, mais également des algues, herbes et graines variées – lui permet de s’adapter facilement à des environnements multiples, parfois aux dépens des espèces indigènes. D’apparence placide, elle sait se montrer agressive lorsqu’elle entre en concurrence avec d’autres oiseaux, n’hésitant pas à chasser une chouette pour s’installer dans son nichoir. En raison des risques d’hybridation et de transmission de maladies et parasites, son implantation durable n’est pas souhaitée par la Suisse où elle fait l’objet d’une campagne de surveillance… et de tirs de régulation.

Kembs, le 3 février 2023