Avec l’ouverture des vannes qui remettent le marais en eau, les cygnes ont fait leur retour : ils évoluent aussi gracieusement que les danseurs d’un ballet sur une musique de Tchaikovsky. Après de longs moments passés à se nourrir, vient le temps de la toilette, propice à l’observation de ce géant des plans d’eau. Le cou démesurément long est un prototype extrêmement efficace. Avec 25 vertèbres cervicales, il peut aisément accéder à toutes les parties de son corps. Pour l’instant, il est tout appliqué à aligner les plumes de ses ailes qu’il dresse pour se laisser pousser par le vent et qui le mettent à l’abri des intempéries. Leur blancheur immaculée tranche avec la coloration légèrement fauve de son cou. Héritage d’une longue évolution, ce dernier est en réalité une sorte de couteau suisse. Il joue un grand rôle dans la communication au moment des parades. Mais plus prosaïquement, il sert à se balancer, assurer l’équilibre pendant la marche et lui permet de surveiller les prédateurs ou éviter les obstacles. L’oiseau paraît paisible et serein, mais il surveille l’environnement de son oeil sombre.
Marais du Rothmoos, le 5 janvier 2023
