On éprouve toujours du plaisir à observer un oiseau, fût-il le plus commun des passereaux. Mais lorsque l’occasion se présente de voir une espèce plus exotique, c’est une forte émotion qui peut nous étreindre. A l’écart du village, entre gravières et forêt, existe un coin de nature sauvage favorable à de telles surprises. Un arbre, tout particulièrement, vers lequel on peut progresser en toute discrétion, est un perchoir très courtisé. A la mi-juillet, c’est un torcol fourmilier qui y a fait une brève halte, offrant une rencontre aussi surprenante qu’exaltante. Grand migrateur, il passe l’hiver en Afrique subsaharienne et revient dans notre région au courant du mois d’avril. De la famille des pics, il se distingue par un plumage cryptique aux teintes qui varient du crème au brun foncé. Il possède de courtes pattes, une queue pas très rigide, un bec et une tête de relative petite taille. Son cou très mobile lui a valu son nom. En cas de dérangement ou lors de l’arrivée d’un congénère il dispose de tout un éventail de comportements : allongement et torsion du cou, huppe frontale ou souffles… Son nom trahit également le régime alimentaire, composé pour l’essentiel de fourmis, de leurs larves et de leurs nymphes.
Baldersheim, le 22 juillet 2024
