Touch and go

L’après midi était douce : après plusieurs jours où l’eau persistait à geler dans les abreuvoirs, le soleil a fait croire à la fin de l’offensive hivernale. Ce changement n’a échappé à personne et les sentiers se sont à nouveau  couverts de promeneurs. Bien évidemment ce retournement de tendance n’a pas encore enclenché de vague de migration et ce sont les mêmes espèces d’oiseaux qui s’animent au sommet des ligneux qui bordent le vieux canal. Une nonnette retrouve son territoire après quelques jours d’absence. Mais c’est surtout la troupe d’orites à longues queue qui assure les spectacle. Venant de la profondeur de la forêt, elles progressent d’arbre en arbre, de branche en branche. On ne peut qu’admirer leur agilité à s’accrocher aux rameaux les plus fins pour prospecter, la tête renversée, le moindre recoin d’écorce. Avec elles, les larves et les premières chenilles n’ont aucune chance de survie. Les orites ne tiennent pas en place ; les vols s’enchaînent inlassablement. Ces as de la voltige pratiquent le « Touch and go » et le photographe a bien du mal à cadrer pour saisir la fébrilité de l’instant.  D’ailleurs, il ne s’est pas passé un quart d’heure depuis leur arrivée et déjà elles sont sur le départ, en direction du soleil qui commence à décliner.

Baldersheim, le 24 janvier 2025