Tourbillon

Contrairement à la chaleur qui a tendance à ramollir les organismes, la saison froide réveille les caractères. Pour s’en persuader on choisira deux exemples pris dans le domaine récréatif. Une cour d’école pour commencer. Après deux heures assis sur une chaise, les enfants ont hâte de se défouler. Les plus jeunes sont dociles jusqu’à la porte du bâtiment, mais dès qu’un pied est posé à l’extérieur, ce ne sont plus que courses et cris. Le mauvais temps n’est pas de nature à calmer leur entrain : plus on court vite en faisant du bruit, plus on a l’impression de se réchauffer. Le plaisir est encore redoublé lorsque les arbres se sont délestés de leurs feuilles. C’est l’occasion rêvée de s’en prendre aux timides et aux plus faibles.  Maintenant arrêtons nous devant une haie de petits arbustes qui abritent une colonie de moineaux. Ça  piaille,  et ça se provoque. Il y a un enjeu évident de hiérarchie et de domination. Pas question de se laisser intimider. Au besoin, on se vole dans les plumes en renversant tout sur son passage. Le premier étire la tête pour projeter le bec contre adversaire; le second esquive l’attaque pour répliquer aussitôt. Les courses- poursuites mettent du temps à s’éteindre…Dans les deux cas, c’est la même énergie qui est dépensée et ce sont les mêmes apprentissages qui sont expérimentés.

Baldersheim, le 12 novembre 2024