Traquet motteux

En se promenant le long des marais, on s’attend à rencontrer des limicoles et des échassiers, mais certainement pas un traquet. Pourtant c’est bien sa silhouette élégante que l’on aperçoit en haut d’une digue. Elancé et haut sur pattes, le traquet motteux a l’habitude de se percher sur un promontoire rocheux d’où il surveille son territoire et repère ses proies. En instance de départ pour un grand voyage vers l’Afrique subsaharienne, il doit faire le plein, jusqu’à doubler de poids. Il y a d’abord la traversée de la mer Méditerranée. Après une escale dans la région montagneuse de Kabylie, en Algérie, il affrontera le Sahara. Selon les conditions météorologiques et surtout la puissance des vents, il lui faudra entre trois et six nuits pour parcourir de 2000 à 2500 kilomètres, avant de rejoindre les savanes sèches où il sera en résidence jusqu’au mois de mars. En Afrique, ce passereau parlera toujours la langue des traquets, avec les sonorités d’une pièce de bois actionnée par le meunier qui fait tomber le grain sur la grosse pierre ronde.

Le Fier d’Ars, le 26 septembre 2024