Il n’est jamais facile de pouvoir observer le troglodyte mignon dans de bonnes conditions. Le bougre a bien compris qu’en hiver, l’absence de feuilles l’exposait encore davantage au regard des curieux. Mais la faim le travaille et il faut bien trouver à manger. Sous l’épaisse cuirasse de ronces qui surplombe le canal, il traque les moindres petits organismes en dormance. A la faveur d’un tapis d’herbes qui s’amoncèlent ici, il peut même marcher sur l’eau, d’un pas confiant et résolu. De temps à autre il plonge son bec pour saisir une larve qu’il gobe aussitôt. L’endroit est propice ; on risque fort de le revoir dans ce lieu. Mais il aime déjouer les pronostics : s’il se sent repéré, il aura vite fait de choisir parmi toutes les cartes à sa disposition, celle qui lui assurera la tranquillité.
Baldersheim, le 20 janvier 2025
