La journée avait été bien ensoleillée, mais le baromètre laissait entrevoir une proche dégradation. Le mois de mars qui égrène ses jours s’est brusquement rappelé que le temps des giboulées sera bientôt révolu et qu’il fallait mettre les bouchées doubles pour entretenir sa réputation. C’est en début de nuit que les premiers nuages arrivent en éclaireurs. Ce sont des altocumulus qui circulent à près de 4km d’altitude, déchirés et poussés par des courants ascendants et descendants très imbriqués. Leur couleur gris-blanc s’explique par la présence de petits cristaux de glace dans cette masse d’air humide et refroidie à -10 degrés. Ces nuages givrants vont avoir pour effet de dissoudre la vapeur d’eau environnante et de générer des averses, préparant le terrain pour des précipitations beaucoup plus soutenues. Pour l’heure, on assiste encore au déplacement continu d’un troupeau de moutons, sous la surveillance bienveillante de la lune. On sent bien qu’ils ont hâte de se mettre à l’abri avant l’arrivée du mauvais temps.
Baldersheim, le 22 mars 2024
