Les dernières neiges n’ont pas toujours fondu quand les premières fleurs de tussilage font leur apparition. Elles s’ouvrent comme de petits soleils qui ne déclineront qu’après l’apparition des premières feuilles, d’où leur ancien nom de « fils avant le père ». Les premiers insectes de la saison fécondent avec entrain ces offrandes jaune d’or. Ensuite, les graines coiffées de poils blancs s’envoleront au moindre coup de vent, parfois à plusieurs kilomètres. C’est que le tussilage est à la recherche de terrains bien particuliers pour prendre racine. Berges de cours d’eau grignotées par les crues, glissements de terrain, coupes forestières ou travaux de voirie : ce qu’il aime, ce sont les endroits où la terre a été mise à nu. C’est une plante pionnière, l’une des premières à s’installer quand la place est libre. Une graine tombée au bon endroit ne perd pas une minute : elle développe une forte racine en profondeur. Une multitude de radicelles s’allongent ensuite vers le bas et se contractent pour enfoncer la souche. Le tussilage s’enterre tout seul ! Ce végétal a aussi une solide réputation médicinale. Son nom évocateur ne trompe pas : tussilage vient du latin et signifie « qui soulage la toux». Texte extrait de la revue La Salamandre n° 274
Plan d’eau de Michelbach, le 21 février 2021
