Sur la colline calcaire du Bollenberg survit un très vieux verger. Les arbres rabougris, aux troncs tourmentés par le grand âge, font penser à des reliques dont certaines parties sont encore en vie. Ils terminent leurs jours en compagnie d’un arbuste plein de vigueur qui a trouvé refuge à leur pied. Dans les siècles passés, les haies d’épine-vinette séparaient les champs de blé. Les paysans se sont rendu compte que la présence de cet arbuste favorisait la propagation de la rouille noire qui anéantissait les récoltes de céréales. Les scientifiques ont mis en évidence le rôle de l’épine-vinette, comme hôte secondaire, dans le cycle de développement de cette maladie fongique. Des programmes d’arrachage systématique ont été mis en place au cours du siècle écoulé. Encore fallait-il venir à bout des résistances pharmaceutiques qui voyaient d’un mauvais œil disparaître une source précieuse de drogues bénéfiques à l’homme. Conjugué à la sélection de semences de blés résistantes au champignon, l’éradication dans les campagnes de cet hôte malheureux a permis de nourrir les populations, à défaut de les soigner. Il semblerait de que nouvelles souches fongiques sont apparues durant cette dernière décennie, qui prospèrent en se passant de l’épine-vinette comme hôte intermédiaire.
Le Bollenberg, le 23 avril 2009
