Un opportuniste

Lorsqu’on se promène au bord d’un fleuve, il ne faut pas seulement garder les yeux rivés sur les flots; le spectacle se déroule également dans les airs. Un oiseau blanc, au vol ample et sans effort, se rapproche tranquillement d’un bras mort où il compte se poser. C’est vraisemblablement un goéland leucophée, de la famille des laridés,  qui est l’espèce la plus commune dans notre région. Il faut se rappeler qu’il a l’habitude de brouiller les pistes en ne recouvrant son aspect adulte que dans sa quatrième année ; auparavant, il est assez proche du plumage des autres goélands. Si l’immense majorité des leucophées s’installent sur les côtes de l’Atlantique ou de la Méditerranée, certains opportunistes préfèrent s’aventurer dans l’intérieur des terres, à proximité des fleuves ou des grands lacs, en faisant des incursions dans les champs où ils rejoignent d’autres récupérateurs comme les corvidés et les étourneaux. Le goéland n’est pas difficile : à défaut de petits poissons, de crevettes ou de mollusques, il se rabat sur les vers, les gros insectes, les petits mammifères ou même les oiseaux.

Le Bief de Niffer, le 26 février 2025