L’hiver est une saison favorable à l’observation des buses. La nourriture se faisant plus rare, elles passent plus de temps perchées sur des arbres, immobiles, à scruter tout mouvement sur les champs labourés. Le temps froid les incite également à gonfler leur plumage pour conserver un maximum de chaleur. L’approche devient plus facile, surtout si l’on est à bord d’un véhicule automobile que l’on stationne au bord d’une route. La coloration du plumage de la buse justifie son nom : on y retrouve toutes sortes de bruns ainsi que des zones blanches teintées de gris. L’utilisation de jumelles ou d’une longue focale permet de profiter de toutes ces nuances qu’un peintre aurait plaisir à reproduire. La photographie est également un bon outil pour transmettre des émotions. On peut frissonner en fixant le bec acéré et les robustes serres, armes terribles de mise à mort et de dépeçage. On serait même à deux pas de franchir la frontière du raisonnable en distinguant, bien au chaud dans les plumes de la poitrine, le spectre glaçant d’un autre rapace prêt à fondre sur sa proie… et d’inventer un nouveau panneau de signalisation : « une buse peut en cacher une autre ».
Baldersheim, le 11 décembre 2024
