Une couronne de lauriers

Ultime distinction pour l‘ensemble des prouesses dont elle est capable : la mésange bleue est sur le point d’enfiler sur sa tête une couronne de lauriers, à la manière de Napoléon qui se sacre lui-même empereur. Après tout, « elle le vaut bien ».  Mais au fait, quelle réalité se cache derrière cette interprétation saugrenue de l’image ? On sait bien que les oiseaux n’ont pas conscience des exploits qu’ils réalisent ; tout au plus ont-ils inscrit dans leur cerveau primitif la nécessité d’être sans cesse aux aguets pour fuir un danger. Et puis cette couronne végétale n’en est pas vraiment une. Ce sont des grappes florales qui se sont développées à partir des bourgeons situés à l’extrémité d’une branche de peuplier. Mais la mésange sait que c’est le lieu et le moment choisis par les pucerons pour y établir leur colonie. Comme à son habitude, elle inspecte donc minutieusement l’endroit et l’envers, car chaque recoin est susceptible d’abriter ces précieuses perles dont elle se régale. C’est la principale satisfaction après laquelle elle court.

Wittelsheim, le 13 mars 2024