Comme l’érable du jardin a atteint une taille respectable qui en fait le seul grand arbre du quartier, les pies l’ont adopté pour construire leur nid. Le couple a attendu que les fleurs et le feuillage le camouflent pour commencer à pondre. De temps à autre ils font une incursion dans la mangeoire à la recherche d’un repas rapide. Contrairement à ce qu’on peut penser, la pie n’est pas bicolore. Certes le noir tranche avec le blanc du poitrail, mais les plumes des ailes et de la queue arborent toute une palette de couleurs irisées que l’on retrouve dans l’arc-en-ciel. Ce ne sont pas des couleurs permanentes fabriquées par le métabolisme de l’oiseau, mais des couleurs structurelles, physiques donc. Elles résultent de la modification ou de séparation des différentes longueurs d’ondes de la lumière qui éclaire les plumes, donnant ainsi des reflets bleus, verts brillants… L’iridescence a toujours fasciné les hommes. Dans la mythologie grecque, Iris était messagère des dieux ; on la représente sous la figure d’une gracieuse jeune fille, avec des ailes brillantes de toutes les couleurs réunies. Le mot désignait tout naturellement l’arc-en-ciel, qui symbolise le pont entre la terre et le ciel, entre les hommes et les divinités.
Baldersheim, le 12 avril 2023
