Voilure malmenée

Certaines photos d’oiseaux sont déroutantes. Qu’ils soient saisis en plein vol ou immobiles sur un support, on retrouve souvent des poses conventionnelles et un coup d’oeil rapide suffit à les reconnaître. Ce n’est pas le cas de ce milan noir, photographié de trois quart arrière, au bord de la gravière. Il vient de se poser sur un arbre mort en prenant soin de s’arrimer avec ses griffes, mais n’a pas eu encore le temps de replier ses ailes. Son apparence laisse penser qu’il a fait un long périple et que sa voilure a été malmenée par un puissant vent d’Est. Les plumes sont encore soulevées et lui donnent un aspect hirsute.  Fin février marque le retour de migration de bon nombre de milans noirs. Ce n’est pas un voyage facile lorsqu’on quitte le sud de Sahara pour rejoindre l’Est de la France en affrontant des vents contraires. Il lui faudra quelques jours pour récupérer ses forces et de bonnes séances de toilettage pour redonner un peu de lustre à son plumage. Il retrouvera alors la silhouette à laquelle il nous a habitués et une belle queue fourchue à la manoeuvre durant les longs vols planés.

La gravière de Burnhaupt, le 27 février 2025